Ce que j’ai appris en 15 épisodes de podcast

Mathieu Py / Marketing communication, Non classé / / 0 Commentaire

Cela fait plus de trois mois que j’ai lancé un podcast : toutes les semaines, un nouvel épisode d’une chronique de 5 minutes. Au bout de 15 épisodes, je peux partager quelques constats aux futurs podcasteurs, et même aux curieux !

Temps de lecture : 3′

C’est long ! ⏳

Clairement, le podcast se compare mieux à la production de vidéo qu’au blogging. Tout de même un peu entre les deux, il nécessite une phase d’écriture, même sommaire, pour savoir où l’on va, de captation et de traitement : montage, ajout d’illustrations sonores, égalisation/compression etc. Il faut un formalisme qui soit constant sur le plan sonore. C’est une vraie production chronophage et il faut le prendre en compte avant de se lancer.

La base : une stratégie 🤔

On ne le répétera jamais assez : la stratégie doit être votre point de départ. Quelle est votre ligne éditoriale, quels sont vos objectifs, comment allez vous formaliser cela pour des oreilles… Pour ma part, j’ai choisi une stratégie de contenu inattendue pour un photographe : ne pas donner à voir mais à entendre. J’ai pris le parti de la chronique de 5 minutes, en parlant de sens et de fond, en invitant l’auditeur à se questionner sans lui étaler une science dont il n’a probablement pas besoin. Je vais un tout petit peu changer les choses au bout de 3 mois et 15 épisodes, mais ça on en parle plus bas, et je n’irai pas très fort dans les changements parce qu’une fois la stratégie définie, d’abord il faut réussir à la mettre en oeuvre, et ensuite il faut savoir persévérer un minimum. Commencez par être sûr de pouvoir lister 10 épisodes qui se tiennent ensemble, ont du sens sur le plan éditorial.

Analytics : débrouille-toi ! 📊

C’est le grand problème. On sait tous que pour piloter, évaluer et savoir où l’on va, il nous faut des feedbacks qualitatifs et quantitatifs. C’est là que le bât blesse. Si vous hébergez votre podcast sur une plateforme dédiée, ils auront un système de stats. Mais vous allez vous lier à l’un des nombreux acteurs émergents, sans savoir où il va, et peut-être même à un seul canal de diffusion. Si comme moi vous choisissez d’héberger votre podcast par vous-même et qu’ensuite vous cross-publiez chez différents diffuseurs… vous n’aurez rien… Pour ma part je m’en suis sorti en ressortant les logs du serveur web et autres outils tels qu’Urchin dont j’avais oublié l’existence. Cela m’a servi à savoir combien de hits purs et durs il y avait eu sur mon fichier mp3. Bref on navigue un peu à vue de ce côté là. Pour résumer, j’ai 40 à 100 hits sur chaque épisode, sans connaître la durée des écoutes. En attendant, sans faire plus de bruit que ça sur les réseaux, c’est pas mal je trouve. Et pour le côté quali, au bout de trois mois j’ai commencé à recevoir quelques messages d’auditeurs 🙂

Le modèle économique ? Hahaha 💰

Ca, je le savais déjà, mais il faut le rappeler lorsqu’il est question de podcast. C’est à la mode, l’usage explose en France, mais pour autant, personne ne gagne sa vie avec son podcast. Il y a peut-être quelques cas aux Etats-Unis ? En tous les cas il n’existe pas de plateforme qui truste le media et pourrait proposer une régie publicitaire, à l’instar de Youtube pour la vidéo. Tout ce que vous pourrez espérer, ce sont des sponsors, mais là encore ils vont vouloir des données claires sur votre audience. On en revient au problème des analytics. Et puis le media est encore trop jeune en France, vous risquez le parcours du combattant pour peu de choses. Non, pour l’instant, il faut le dire, le podcast n’a pas pas de modèle économique propre, et il est encore moins viable bien sûr. En revanche, c’est une modalité de stratégie de contenu à surveiller voire à investir.

La persévérance 🙄

Peut-être allez vous penser que j’enfonce des portes ouvertes, mais il m’a fallu trois mois pour arriver à une centaine de hits sur un épisode. Le podcast ne s’écoute pas à la volée. Certains vont s’abonner, d’autres tomberont sur des épisodes parfois anciens, qu’ils picoreront en fonction d’un sujet. D’autres enfin vous découvriront dans un an et réécouteront tout votre contenu. L’important est donc de continuer : l’accumulation d’épisodes va devenir un atout avec le temps. Malgré les discours ambiants sur la réussite et les success story qui ont l’air facile, il ne faut pas se laisser influencer. Vous avez une stratégie, vous continuez – en restant à l’écoute bien sûr des feedbacks. C’est au bout de presque trois mois que le premier message d’un auditeur (hors premier cercle) est tombé, pour rebondir sur un sujet. Vous ne pouvez pas imaginer comme ça fait du bien 😀 D’après ma très courte expérience, le secret pour ne pas se décourager, c’est de pré-enregistrer un grand nombre d’épisodes, comme ça vous optimisez la phase captation, et pendant toute la période de diffusion, vous vous concentrez sur le reste : la suite des épisodes et la promotion de ce qui est en cours.

Et maintenant ? 🎤

Ca c’est un peu perso, mais je continue bien sûr, en twistant légèrement mon podcast et en embrayant sur un nouveau projet :

  • Les 5 minutes de chronique du Sens de l’Image vont un peu changer de forme. Sur le fond les sujets seront semblables, parfois un peu plus liés à une actualité, mais dans la forme j’ai découvert le #Streetcast. C’est un podcast court, un monologue, enregistré dans la rue, un peu à la volée. Le streetcast est au podcast ce que le vlog est à la vidéo. La forme est émergente, nouvelle, et ça me donne envie parce qu’elle correspond à ce que je fais. Et puis j’y passerai moins de temps en post production, et ça c’est pas mal.
  • Un autre projet. Une fois qu’on y a goûté, comment ne pas avoir faim de faire plus ? Je pars avec un acolyte explorer une forme plus classique de podcast. Nous serons 2 et allons partir à la rencontre de tiers habilement sélectionnés ; nous les interviewerons sur un domaine précis qui nous passionne. Et au passage, notre audience sera naturellement grande de nos followers, ceux des invités, et ceux des lieux partenaires où nous enregistrerons. On commence un pilote, on planifie… le temps d’enregistrer quelques épisodes, ça ne sera pas pour tout de suite, mais work in progress…